Adolphe SAX

Marcel MULE

 


ADOLPHE SAX :“PORTRAIT”



LA FAMILLE SAX :

Ascendance :
Charles-Joseph SAX se maria le 17.11.1813 avec Marie-Joseph MANON.
De cette union naquirent onze enfants :

 

 

* Antoine-Joseph dit Adolphe Dinant 6.11.1814-19.02.1894.
* Eléonore Catherine Bruxelles 1816-1836.
* Louis Bruxelles 1818-1837.
* Charles Joseph Bruxelles 1820-1871.
* Antoine Alphonse Bruxelles 1822-1874.
* Rosalie Bruxelles ?- ?
* Joseph Edouard Bruxelles 1829-1841.
* Antoinette Maria Bruxelles 1827-1856.
* Henry Joseph Bruxelles 1829-1841.
* Marie Joséphine Bruxelles 1831-1852.
* Marie Louise Adèle Bruxelles 1832-1852.


Descendance :
Antoine-Joseph (Adolphe) SAX eut cinq enfants, mais ne s’est jamais marié.
La mère de ses enfants, Louise Adèle MAOR naquit à Frévent (Pas-de-Calais) en Août 1830 et mourut en 1860.

Les cinq enfants d’Adolphe SAX et de Louise Adèle MAOR sont :

* Anna Emilie 1853 entre 1938-1945
* Adèle Marie Amélie 1855-1856
* Adolphe Charles Antoine 1856-1858

* Adèle Marie
-Professeur de chant. Mariage en 1896.

1858-1938
* Adolphe Edouard
-Il continua les activités de son père et fut aussi chef d’orchestre. Il se maria deux fois en 1899 et en 1934.

1859-1945

 


Adolphe SAX ne reconnut ses enfants qu’en 1886.


SON PÈRE :

Menuisier et ébéniste à la naissance d’Adolphe en 1814, Charles-Joseph SAX se tourne vers la facture instrumentale et s’établit à BRUXELLES, où il fonde en 1815 une fabrique d’instruments de musique.
Par la qualité de ses instruments en cuivre et la fabrication soignée de ses Flûtes, Hautbois, Clarinettes, Violons, Guitares, Harpes et Pianos, Charles-Joseph SAX acquiert une excellente réputation. Les nombreuses expositions auxquelles il participe et exhibe sa production contribuent à ce succès.
En 1853, il s’installe à PARIS, mais ses affaires ne prospèrent pas et sa société fait faillite en 1855. Il travaille ensuite chez son fils Adolphe, où il est responsable de la fabrication des Saxophones. Il meurt en 1865.


SON ENFANCE :

Dès son plus jeune âge, Adolphe évolue dans l’atelier de son père. À onze ans, il sait tourner les pièces d’une Clarinette, mouler les clés, les fondre, les polir et les ajuster.
Mais il fréquente aussi le Conservatoire Royal de BRUXELLES, où il étudie le solfège et la Flûte. Il suit également des cours privés d’Harmonie et de Clarinette.
C’est en se familiarisant avec cet instrument, que SAX se rend compte de son imperfection, et veut y remédier.
Il présente son premier instrument de manière officielle, à l’exposition nationale de BRUXELLES en 1835 : une Clarinette en buis à vingt-quatre clés.


LE SAXOPHONE :

Ses recherches sur la facture instrumentale commencent avec la Clarinette Basse, il dépose un brevet en 1838. C’est probablement en travaillant sur cette Clarinette Basse qu’il imagine le Saxophone.
La conception du premier Saxophone, le Baryton, s’étend donc de 1838 à 1840 ; mais les premiers brevets ne datent que du 21 Mars 1846.

On situe l’invention du saxophone en 1840.

Les adversaires d’Adolphe SAX contestèrent cette invention, la prétendant inspirée d’autres instruments déjà existants (Hautbois : tube conique/ Clarinette : bec/ Flûte : clétage). Mais le Saxophone est bien le seul à réunir une perce conique, un bec à anche simple, et un clétage système BOEHM.

Les énormes problèmes acoustiques et techniques découlant de l’association de ces caractéristiques, ont été surmontés par SAX, grâce, notamment, à ses compétences sur le bois et le métal, l’expérience acquise lors de l’apprentissage chez son père, ses talents d’instrumentiste.

Dans son brevet, SAX dit avoir cherché un instrument qui puisse palier les inconvénients de l’Ophicléide, dont le son est “d’une nature si désagréable qu’on est obligé de le bannir des salles fermées”, et inversement ceux du Basson, qui ne peut pas jouer fortissimo. D’autre part, le Basson “est le seul qui se marie avec les instruments à cordes...” Il voulut donc créer “un instrument qui, par le caractère de sa voix, pût se rapprocher des cordes, mais qui possédât plus de force et d’intensité que ces derniers”.

Vers 1850, SAX avait fabriqué une famille de sept Saxophones.

En fait, il crée deux familles, l’une en Do et en Fa pour l’Orchestre Symphonique, l’autre que nous connaissons en Sib et Mib pour les Musiques Militaires. Le nom exact de chaque Saxophone se stabilise environ à cette date, dans l’ordre alternativement en Mib et Sib : le Sopranino, le Soprano, l’Alto, le Ténor, le Baryton, le Basse et le Contrebasse.
Ils ont tous le même ambitus : environ deux octaves et demi. Ils ont les mêmes doigtés et sont tous écrits en clé de Sol. Ces sept Saxophones couvrent à peu près l’étendue du piano (cinq octaves et une quarte).

Le meilleur moyen pour SAX de faire connaître ses instruments était d’organiser lui-même des concerts et d’y inviter les personnalités les plus en vue du monde musical et politique. Plusieurs compositeurs, amis d’Adolphe SAX, séduits par le Saxophone, l’utilisent dans l’orchestration de leurs oeuvres. Ils choisiront d’abord le Baryton, plus tard l’Alto et le Ténor :

Hector BERLIOZ (Comp. Français,1803-1869) “Chant Sacré”(1844) ;
Georges KASTNER(Comp. Français,1810-1867) “Le dernier roi de Juda” (Opéra biblique de 1844) ;
Jacques-François-Fromental HALÉVY (Comp. Français,1799-1862) “Le Juif Errant” (1852) ;
Giacomo MEYERBEER (Comp. Allemand, 1791-1864) “L’Africaine” (1864) ;
Ambroise THOMAS (Comp. Français, 1811-1896) “Hamlet” (1868) ;
Georges BIZET (Comp. Français, 1838-1875) “L’Arlésienne” (1872) ;
Léo DELIBES (Comp. Français,1836-1891) “Sylvia” (1876) ;
Jules MASSENET (Comp. Français 1842-1912) “Le Roi de Lahore” (1877), “La Vierge” (1878), “Hérodiade” (1881), “Werther” (1892) ;
Camille SAINT-SAËNS (Comp. Français 1835-1921) “Henri VIII” (1883);
Etc.

Sax fit écrire et édita de nombreux Solos de Concours et Fantaisies, destinés aux élèves militaires dont il avait la charge, dans le cadre des classes annexées au C.N.S.M. en 1857. ARBAN, KLOSÉ, SAVARI, SINGELÉE, DEMERSSEMAN et JONAS composèrent ces oeuvres avec accompagnement de piano mais aussi pour duo, trio, quatuor, quintette, etc.

Le Saxophone n’a pas fondamentalement évolué depuis son invention.

Les deux clés d’octave ont été remplacées par un système automatique à une seule clé. L’ambitus a été élargi légèrement vers le grave et l’aigu.
La forme et les matériaux utilisés pour le bec ont quelque peu changé : fin 19ème, abandon du bois (souvent l’ébène) pour l’ébonite (on trouve aussi des becs en cristal puis métalliques), le volume de la chambre est réduit.
La perce du Saxophone a été considérablement élargie depuis l’origine, sous l’influence des jazzmen qui souhaitaient des instruments plus puissants. Les premiers Saxophones avaient probablement une sonorité moins brillante, plus douce et moins timbrée.

“La voix du saxophone tient le milieu entre la voix des instruments en cuivre et celle des instruments en bois. Son principal mérite, selon moi, est dans la beauté variée de son accent, tantôt grave et calme, tantôt passionné, rêveur ou mélancolique [...]”
Hector BERLIOZ

 

“Seul le saxophone pouvait donner de la tendresse, de la passion nuancée de réserve contenue.”
Georges BIZET


“Le saxophone : la plus belle pâte de son que je connaisse.”
Gioacchino ROSSINI

 

Bien entendu, et comme toujours lorsqu’il s’agit de nouveauté, le Saxophone a encore des détracteurs. Ils lui reprochent une sonorité trop facile, une douceur un peu molle. C’est peut-être se plaindre que la mariée soit trop belle. Si d’ailleurs la suavité et l’ampleur du son demeurent ses qualités dominantes, il peut fort bien ne pas manquer d’accent : tout dépend du jeu, de l’attaque de l’exécutant.
Charles KOECHLIN


Le Saxophone était joué comme la clarinette, sans vibrato.

Le vibrato fut utilisé dans le répertoire classique par Marcel MULE vers 1930, les musiciens de jazz l’ayant largement inspiré pour cette technique.


SA FABRIQUE D’INSTRUMENT :

Installé définitivement à PARIS en Octobre 1842, Adolphe SAX est très vite apprécié d’Hector BERLIOZ qui publie un article élogieux dans “Le Journal des Débats”. Il est aussi en bon terme avec le conservatoire et l’Armée. Le Général de RUMIGNY, aide de camp de LOUIS-PHILIPPE, chargé de rénover les Musiques Militaires du pays lui est très favorable. SAX propose un plan de réorganisation des Musiques Militaires dans lequel sont introduits ses nouveaux instruments.

Le 9 Août 1845, une commission décide, après de multiples auditions comparatives des orchestres de SAX et CARAFA (Directeur du Gymnase Musical Militaire, défenseur des traditions instrumentales et Favorable au maintien des anciens instruments), d’introduire les instruments de SAX dans la musique des régiments d’Infanterie et de Cavalerie.

Cependant, en 1848, suite à un décret contraire du gouvernement provisoire, ces réformes sont abolies et les instruments de SAX sont exclus. Les Musiques Militaires redescendirent alors très vite à un rang inférieur à celui qu’elles avaient avant 1845.

Un peu plus tard, sous NAPOLÉON III, le retour à l’empire allait permettre à SAX de faire apprécier une nouvelle fois ses instruments. En 1854, un décret ordonne que l’organisation des Musiques Régimentaires soit basée sur le système SAX.

Malgré ce succès et les innombrables récompenses ou médailles qu’il reçoit, trois faillites vont se succéder, marquées par les événements historiques et les nombreux procès dans lesquels il est impliqué. Une grande partie de sa fortune sera dépensée dans ces procès ou dans des dépôts de brevets.

Parmi les brevets les plus importants :

* 1843 : SAXHORNS
* 1845 : SAXOTROMBAS
* 1846 : SAXOPHONES (de nombreuses modifications furent apportées à cet instrument jusqu’en 1881)
* 1852 : SAXTUBAS
* 1849 : CLAIRON-SAX et un SIFFLET À VAPEUR
* 1850 : TIMBALES
* 1878 : ÉMANATEUR HYGIÉNIQUE (purificateur d’air) et une nouvelle conception de SALLE DE CONCERT.


CONCLUSION :

Doué d’un esprit inventif hors du commun, il fit breveter 46 inventions. Ses activités étaient incroyablement variées : facteur et inventeur d’instruments, éditeur de musique, professeur de saxophone, chef de la fanfare de l’opéra, organisateur de concerts.

Son talent, sa foi en son oeuvre conquit l’estime du monde musical et des personnalités militaires qui ne cessèrent de lui assurer un appui certain tout au long de sa vie.

Le personnage était sans doute excessif, orgueilleux, porté à des outrances verbales et à des conceptions démesurées… portrait d’un romantique ?

Le 19.02.1894, à l’âge de 79 ans, Adolphe SAX meurt.

Il est enterré au cimetière de Montmartre. Son fils, Adolphe Édouard (1859-1945) continue les affaires de la Société jusqu’en 1928, date de rachat par la maison SELMER.

 

 

 


 

MARCEL MULE :“SON ŒUVRE”
d'après le livre d'Eugène ROUSSEAU, Sa vie et le Saxophone.

 

 

REPÈRES BIOGRAPHIQUES :


24 juin 1901 : Naissance de Marcel MULE à AUBE en Normandie.

1907 : La famille MULE s'installe à BEAUMONT-LE-ROGER en Normandie.

1908 : Son Père, qui, en tant qu'amateur, dirige une fanfare municipale, joue du Saxophone et donne des leçons de musique, lui enseigne le Saxophone.

1910 : Marcel MULE commence à étudier le Violon.

1913 : …puis le Piano.

1914 : Il cesse d'étudier sérieusement la musique pour se consacrer à ses études et entre à l'École Supérieure de LOUVIERS pour préparer en trois ans l'École Normale d'Instituteur.

1917 : Inscription à l'École Normale d'ÉVREUX où il termine les trois années préparatoires à l'enseignement.

Avril 1921 : Il part à PARIS pour servir dans le 5ème Régiment d'Infanterie.
1921 : À l'Armée, membre de la fanfare en tant que saxophoniste, il se met à travailler plus sérieusement et commence à étudier avec le violoniste Gabriel WILLAUME.

1922 : Marcel MULE développe son goût musical en assistant à d'innombrables concerts à PARIS.
Il étudie la littérature musicale au Conservatoire National de PARIS avec Georges CAUSSADE.

1923 : Il prend la succession de COMBELLE à la Musique de la Garde Républicaine (pour 13 ans).

1924 : Il continue à jouer de la musique de variété pour raisons financières.

1925 : Marcel MULE commence à se produire comme soliste.
12 Août 1925 : Mariage avec Paulette BOURDON.

Juillet 1926 : Naissance de leur fils Pol.

1927 : Premier engagement d'orchestre à l'Opéra Comique (Massenet).

1928 : À l'Opéra, première représentation du Boléro de RAVEL sous la direction de RAVEL. MULE et PRIAM y tiennent les parties de Saxophone.
1928-29 : Engagé pour toute la saison à l'Opéra Comique, il adapte dans "Évolution" d'Édouard L'ENFANT le vibrato jazz aux besoins de l'Orchestre Symphonique.
02 Décembre 1928 : Première Mondiale, à LA ROCHELLE, du Quatuor de la Garde Républicaine. Marcel MULE (Soprano), René CHALIGNÉ (Alto), Hippolyte POIMBOEUF (Ténor) et Georges CHAUVET (Baryton) y jouent sans vibrato jusqu'en 1932.

1930 : Premiers enregistrements de Marcel MULE.

1932 : Dans le Quatuor, Paul ROMBY remplace CHALIGNÉ à l'Alto et Fernand L'HOMME, POIMBOEUF au Ténor.
Le Quatuor se fait rapidement une place au sein des meilleures formations de Musique de Chambre.

1935 : Là, commence sa véritable carrière de soliste avec l'Orchestre PASDELOUP, sous la direction d'Albert WOLFF (concerto de Pierre VELLONES).

1936 : Exécution du concerto de GLAZOUNOV sous la direction de TOMASI .

MULE, CHAUVET, ET ROMBY quittent la Garde et le Quatuor prend le nom de Quatuor de Saxophones de Paris. Fernand L'HOMME reste à la Garde et on remplace le Ténor par Georges CHARRON. Nombreux concerts en Europe (France, Italie, Suisse, Belgique…).

1937 : Grand Prix du disque avec INTRODUCTION ET VARIATIONS SUR UNE RONDE POPULAIRE de Gabriel PIERNÉ.

1940 : Marcel MULE quitte la banlieue parisienne pour s'installer dans Paris au 43, Rue Bezout.

1942 : Claude DELVINCOURT, Directeur du C.N.S.M. de Paris, ouvre une classe de Saxophone. Marcel MULE est nommé Professeur pour cette classe.

1943 : Exécution du Boléro de RAVEL avec le Philharmonique de Berlin, sous la direction d'Herbert VON KARAJAN, âgé alors de 30 ans.

1944 : Pendant la Libération de Paris, transcription par Marcel MULE des Études de FERLING pour le saxophone.

1945 : Paul ROMBY part du quatuor, Marcel JOSSE le remplace à l'Alto.

1948 : André BAUCHY remplace JOSSE à l'Alto et JOSSE prend le Baryton qu'abandonne CHAUVET.
Hector VILLA-LOBOS dédie sa FANTASIA à Marcel MULE.

1950 : Participation au Festival CASALS à Prades (Concerto Brandebourgeois n° 2 au Soprano…).

1951 : Georges CHARRON meurt soudainement. Georges GOURDET, ancien élève de MULE prend le Ténor. L'ensemble change de nom et s'appelle Quatuor Marcel MULE.

1955 : Entrée du premier étranger, Frédérick HEMKE, dans la classe à Paris.

Marcel MULE fait construire une maison à Sanary dans le sud de la France.

1958 : Apogée de la carrière de soliste de Marcel MULE, avec une tournée de douze concerts aux U.S.A. avec l'Orchestre Symphonique de Boston sous la direction de Charles MÜNCH.

Au programme :
-Concertino da Camera Jacques IBERT
-Ballade Henri TOMASI
-Caprice en forme de valse Paul BONNEAU
-Canzonetta Gabriel PIERNÉ
-Concertino Eugène BOZZA
-Sonatine sportive Alexandre TCHÉRÉPNINE
-Sonatine Claude PASCAL
-Sonate S1035 Jean-Sébastien BACH.

Le dernier changement dans le Quatuor Marcel MULE a lieu avec le départ d'André BAUCHY. Guy LACOUR, un autre élève de MULE, prend le Ténor et GOURDET prend l'Alto.

1967 : Fin d'activité du Quatuor.

1968 : Marcel MULE prend sa retraite. Daniel DEFFAYET lui succède. Durant ses vingt années au C.N.S.M., 87 élèves obtiennent un premier prix.
Il décide d'habiter à Sanary.

 

SA JEUNESSE :

Marcel MULE travaillait très sérieusement, aussi bien à l'école qu'en musique. Son père, très bon saxophoniste, avait vu de nombreux musiciens à Paris qui avaient des difficultés pour survivre ; aussi encourageait-il son fils à se préparer à une carrière d'enseignement.

Monsieur MULE père a eu à cette époque une grande influence sur son fils et c'est la raison pour laquelle Marcel s'était fixé comme but de devenir instituteur.

Ce n'est qu'en 1923 que son admission à la musique de la Garde lui a gagné l'approbation de son père. En effet, ce poste lui permettait de vivre à Paris et lui offrait de nombreuses opportunités. Alors qu'il n'y avait pas de disques ou de stations de radio comme aujourd'hui, il avait l'occasion d'entendre de la musique classique et de grands orchestres, ainsi que les concerts à l'Opéra.

Il rencontra François COMBELLE qui était soliste à la Garde. Il fit aussi la connaissance d'un éminent professeur de Violon : Gabriel WILLAUME, avec lequel il apprit beaucoup musicalement. Ses années de jeunesse ponctuées par de nombreuses expériences musicales, influencèrent aussi bien sa conception du travail que sa manière de jouer.



LA DEUXIÈME GUERRE :

Quand les Nazis ont occupé la France au début de 1940, Marcel MULE avait alors 39 ans. Il a été fait prisonnier, et une fois libéré, est retourné à Paris.

Dans la capitale, l'activité artistique avait continué à la demande des Allemands. En 1942, année de la création de la classe de Saxophone du C.N.S.M., Marcel MULE obtenait de nombreux engagements à la radio, encouragé par les Allemands qui aimaient le Saxophone et contrôlaient naturellement la programmation. Il jouait aussi dans de nombreux concerts, sous la direction quelquefois de chefs d'orchestre Allemands. Un de ceux-ci était Herbert VON KARAJAN, avec qui il joua le Boléro de RAVEL.



CARRIÈRE EN SOLO :

Marcel MULE a joué sous la direction des plus grands chefs de son époque :
* Albert WOLFF
* Philippe GAUBERT
* Richard STRAUSS
* Herbert VON KARAJAN
* Maurice RAVEL
* Paul PARAY
* Charles MÜNCH

"L'artiste doit jouer avec sa sensibilité ; tout repose là dessus. D'un autre côté, le morceau doit être contrôlé par une certaine culture musicale […] je crois qu'une interprétation musicale est comme un discours. Il y a certaines inflexions sur le discours, et il y en a aussi, bien sûr, en musique. Les changements de nuances en musique sont très proches des mêmes changements dans un bon discours".

Il ajoute, quant à son travail de préparation à ses concerts :

"On doit travailler et la préparation est longue. Cela veut dire apprendre toutes les notes, bien sûr, mais en plus de cela, on doit faire tous les efforts possibles pour communiquer à l'auditoire le message du compositeur […] Quant aux techniques pour s'entraîner, il y en a beaucoup, mais on doit toujours chanter et toujours écouter chaque note avec une oreille très critique".

Pendant toute sa carrière, il choisit des compositions, ou transcrit des œuvres qui mettent en valeur le Saxophone.

Des auteurs contemporains, il dit :

"Je suis fatigué d'entendre leurs explications. Ils ne font que créer des sons, rien d'autre que des sons monotones, sans fin, toujours les mêmes. Ils n'ont vraiment rien créé ; ils sont incapables de rien créer. Je suis tranchant, mais c'est vrai. C'est triste, mais notre instrument à la lumière de ces combinaisons, n'a plus besoin d'être éloquent".

Soucieux que le public garde un bon souvenir de lui, Marcel MULE arrête les concerts en solo en 1960. Il souffrait, de plus, de certaines difficultés pulmonaires qui lui provoquaient des vertiges sur scène.

 


L'ENSEIGNEMENT :

Le souci majeur de Marcel MULE, pour ses élèves, est la sonorité.

Afin que l'élève se familiarise avec ce concept de belle sonorité et qu'il assimile le vibrato, Marcel MULE suit deux principes :
- L'utilisation du modèle de la voix humaine pour la compréhension d'un vibrato bien contrôlé.
- L'emploi du métronome pour acquérir contrôle et égalité dans le rythme des ondulations.

Il encourage les étudiants à utiliser le strobotone (sorte d'accordeur), pour déterminer l'amplitude du vibrato et s'enregistrer sur cassette pour développer ainsi leur sens de l'autocritique. Mais il se refuse, d'un point de vue pédagogique, à exiger un travail fastidieux que les élèves trouvent totalement ennuyeux. Les exercices de base (gammes, arpèges, etc.) sont pour lui essentiels, mais ne doivent pas constituer une fin en soi.

"La vraie mission du musicien est de servir la musique, de la communiquer au public de manière significative et suggestive."

 

Le 19 décembre 2001, Marcel MULE décède.